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Concours de Janvier, ULYSSE NARDIN

Le forum du concours des 10ans d'horlogerie-suisse
RÈGLES DU FORUM, À LIRE IMPÉRATIVEMENT AVANT LE 1ER POST

Re: Concours de Janvier, ULYSSE NARDIN

Messagepar Schmiergeli le 09 Jan 2011, 22:52

1er août 2010, cela fait plusieurs jours que je tourne en rond, je n'ai plus de montre...
Pas que je n'ai plus physiquement de montre mais toutes mes pendules à quartz sont en panne de batterie. Sur toute ma collection de montre, une bonne trentaine, plus une qui trotte.
La panique commence à monter, dans une semaine je me marie et pas une minute de libre pour aller changer les piles. Comment me marier sans le bijou ultime.
Je décide de mettre ma mère a contribution, dans ma collection j'ai une très bel IWC offert par mon beau père quelques années plus tôt, je donne la dite trotteuse à ma génitrice pour effectuer le dépannage d'urgence.
Chemin faisant, je croise mon beau père et lui conte mes mal-heures horlogères. Mon beau père m'avoue d'un regard désolé, que la montre que je voulais mettre pour le jour le plus important de ma vie, n'est en fait qu'une contrefaçon à 10 dollars acheté dans un marcher thaïlandais.
Que faire? Je n'ai rien dans ma collection de bien que je voudrais porté pour le jour J maintenant que l'élue de mon poignet n'est qu'en fait une pâle copie. Pauvre de moi, disait Brassens.
Je rentre à la maison le vague à l' âme. Ma moitié est là. je lui raconte mes soucis.
Ma future a un petit sourire en coin, et une boite bien emballée dans les mains.
Un cadeau pour moi? je déballe fébrilement le papier argenté et tout à coup je comprend le contenu en voyant le contenant.
Ecrin de velours couleur taupe avec les initiales L. E. écritent dessus.
J'ouvre le coffret et découvre la plus belle des montres que j'aie vu. Une Louis Erard jubilé, mouvement mécanique. Une montre squelette. Je tourne le bouton argenté pour remonter la bel et je découvre un cœur battre la chamade.
Ma petite femme me dit d'un ton malicieux << Avec celle là, tu n'auras plus jamais de problème de pile>>
Nous nous sommes marié en août. Ma femme était la plus belle de l'assemblée et moi j'avais le poignet le mieux habillé.
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Re: Concours de Janvier, ULYSSE NARDIN

Messagepar Adriano40180 le 10 Jan 2011, 23:49

Une montre suisse c'est comme un bon Bordeaux ...
... avec le temps elle d'embellie !

Adrien.
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Re: Concours de Janvier, ULYSSE NARDIN

Messagepar enfantd'pana le 11 Jan 2011, 12:07

Il est près de 20h. La neige tombe encore ce soir sur Neuchâtel. Le parking, presque vide alors, est déjà recouvert d’un manteau blanc. Mon impatience monte. D’ici une dizaine de minutes, je pourrai enfin découvrir l’aboutissement de mois de travail.

J’étais entré un an plus tôt au sein de ce laboratoire de recherche, d’un groupe horloger suisse très connu. Le pari était un peu fou : créer un « cermet » - une céramique métallique - pour habiller les mouvements d’une célèbre marque du groupe. Un matériau à la fois inrayable, inaltérable mais ayant cependant l’aspect du métal. Mieux encore, l’enjeu était de démontrer la piètre qualité des modèles concurrents en fabriquant une pièce parfaite, de faire oublier l’aspect laiteux de leurs montres avec la pureté d’éclat des nôtres.

Plus que huit minutes. J’ai envie d’arrêter déjà la polisseuse et de sortir ces carrures. Des heures qu’elles y sont ! Suis-je réellement à quelques minutes près ? Non, je dois prendre mon mal en patience.

Combien de fois déjà avais-je attendu ainsi la fin d’un cycle de polissage ? Je ne sais plus exactement… 10 fois, 15 fois ? Et jusqu’à maintenant, malheureusement, mon attente avait toujours été déçue. Après nettoyage, les pièces étaient encore un peu ternes, le polissage n’était pas uniforme. Certains maillons auraient eu l’air parfait pour un œil peu exercé. Mais moi, je ne voyais que les défauts.

Encore cinq minutes à attendre. Je sors les béchers. Je les remplis d’alcool. Je pose un rouleau de papier doux à côté. Je suis prêt. Le bruit de la polisseuse semble assourdissant dans les locaux déjà vides. Mais depuis le temps, j’ai l’habitude. Et puis, à attendre ici, à voir les chiffres du compte-à-rebours défiler, j’ai l’impression que le temps passe plus vite. Je ne sais pas pourquoi, mais cette fois-ci, je sais que c’est la bonne !

La création d’une pièce en céramique est quelque chose de complexe. Les étapes sont nombreuses, les paramètres multiples. Arriver au meilleur résultat possible est un casse-tête. Déjà un an derrière mois, à peaufiner près de cinq ans de travail de mes prédécesseurs. Les progrès sont présents cela-dit ! Mon matériau se comporte très bien. Guère plus cassant qu’un acier classique, mais d’une dureté exceptionnelle. Cela lui conférera un caractère inrayable à coup sûr! Je regarde la Swatch à mon poignet, et son boîtier acier, marqué par l’usage. Comme elle serait belle en cermet, immuable !

Deux minutes. Le doute m’étreint. Et si le résultat est encore une fois décevant ? Devrais-je retravailler le mélange de poudre initial ? Ou bien alors le mélange de polymères et les paramètres d’injection ? Ou alors le déliantage ? Le frittage ? Le cycle de polissage ? J’ai le tournis. Revoir tout ça prendrait de nouveau des semaines. J’espère tellement y arriver cette fois-ci !

Le bruit s’estompe. Le moteur décélère. Je pourrai ouvrir le capot dans quelques secondes pour sortir un des godets. L’instant de vérité approche. J’ouvre un godet et le pose sur la paillasse. Je trouve une carrure, et l’immerge dans un bécher, direction le bain à ultra-sons. J’ai tellement hâte que je ne m’occupe pas des autres pièces polies. Je veux voir le résultat. Maintenant ! Je sors ma pièce, la sèche. L’éclat est incroyable. Un aspect métallique si pur. Une couleur légèrement plus sombre que l’acier. Mais cela ajoute une certaine profondeur. Un sourire se dessine sur mon visage : le jeu en valait la chandelle. Je cours à mon bureau et allume ma lampe blanche. Mon sourire disparait. Un léger voile laiteux est révélé par cette affreuse lumière blanche, à laquelle aucun défaut n’échappe. Bien sûr, une fois au poignet, à la lumière du soleil, une telle montre semblerait parfaite. Mais moi je sais… je sais qu’elle ne l’est pas.

Elle ne peut être que parfaite. C’est ainsi que je la vois. Demain, je recommencerai.
Dernière édition par enfantd'pana le 11 Jan 2011, 17:31, édité 1 fois.
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Re: Concours de Janvier, ULYSSE NARDIN

Messagepar hydro le 11 Jan 2011, 16:28

ACROSTICHE


Une montre oui mais

Laquelle choisir ?

Y verrais-je assez clair pour cela ?

Serais-je déçu au fil du temps qui passe ou,

Simplement sans cesse émerveillé,

En écoutant son petit cœur battre

Nuit et jour m’accompagnant

Aussi bien sur terre que sur mer.

Rêvons un peu ou beaucoup

Demandons l’impossible mais,

Il est à très très peu probable que je puisse porter cette

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Re: Concours de Janvier, ULYSSE NARDIN

Messagepar emka le 12 Jan 2011, 14:56

Pour éviter d'éventuels malentendus, confusions, erreurs ou équivoques je tiens à préciser que ce conte ne porte pas sur la marque Ulysse Nardin et que je n'ai jamais été propriétaire d'une montre Ulysse Nardin. (mais en devenir ne me contrariait pas du tout)

Conte de montre

Il y a à peu près vingt ans, dans un pays pas si loin que ça, qu'un jeune homme qui s'était donné la peine d'économiser ses sous pendant plusieurs années, se rendait chez un vendeur de montres de la capitale de ce pays pas si loin que ça qui soldait son stock pour raison de cessation d'activités.
Les deux vendeuses, jumelles, belles et très sympathiques, lui montraient des pièces remarquables de marques prestigieuses à des prix qui semblaient raisonnables pour un jeune homme qui avait, pendant plusieurs années, mis de côté ses économies.

Après quelque temps le jeune homme quittait le magasin avec dans ses mains deux beaux cartons contenant chacun une belle montre d'une marque prestigieuse.

Pendant les mois qui suivaient il portait une fois l'une, une fois l'autre de ces deux montres et parfois une des autres montres de sa petite collection.

Puis un jour, une des deux montres de marque prestigieuse ne montrait plus le temps de façon correcte. Quoi faire, le magasin vendeur n'existait plus. Mais heureusement, dans la même ville capitale de ce pays pas si loin que ça il y avait encore un magasin de renom qui vendait cette marque prestigieuse.
Alors, le jeune homme se rendait vers ce magasin avec la montre récalcitrante ainsi que les papiers montrant que la pièce était sous garantie. Après avoir déposé la montre chez ce concessionnaire le jeune homme rentrait et attendait qu'on l'informe de la réparation de la montre.

Et en effet quelques semaines plus tard il reçut la bonne nouvelle et se rendait vers la boutique avec la longue tradition sis en capitale de ce pays pas si loin que ça.

La montre marchait à nouveau et le jeune homme rentrait tout content.
Fi donc, une fois de retour à la maison et en scrutant la montre sa joie fut gâchée quand il voyait que le spécialiste qui s'était occupé de la mise en état de sa montre en or de marque prestigieuse, avait jugé nécessaire de mettre sa marque de réparation à l'extérieur du fond de la montre en or de marque prestigieuse.

Le jeune homme, en même temps déçu et fâché envoyait donc la montre à la manufacture de prestige en expliquant le malheur et en demandant d'expliquer si une telle façon de travail était devenue coutume.

Après quelques semaines il reçut en retour la montre avec un autre fond qui, à sa grande stupéfaction et déception, portait les mêmes numéros de série et de modèle, mais qui n'était pas aussi beau et bien fait que le fond d'origine.
La manufacture n'avait pas trouvé le temps de répondre à sa question.

A l'époque le jeune homme était très occupé avec un nouveau travail et – étant jeune et sûrement trop conciliant et aimable– il n'a pas suivi l'affaire et a mis la montre à côté.

Aujourd'hui le jeune homme n'est plus aussi jeune qu'avant, la montre n'a pas change de taille mais elle est quand même devenue petite selon la mode du jour et c'est la femme du jeune homme qui la porte de temps en temps. La montre marche correctement, mais chaque fois quand l'homme, qui était une fois jeune, la regarde, il voit surtout son fond qui est devenu moche et pas à cause du temps.

L'homme, qui n'est maintenant plus si jeune, ni si aimable, a acheté d'autres montres, même encore une de cette manufacture prestigieuse, et parfois il pense que, quand il aura le temps, il prendra rendez-vous avec un responsable de la manufacture prestigieuse pour demander, de façon aimable mais persistante, de lui expliquer pourquoi on a gâché sa montre et son humeur.
J'ai le temps
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Re: Concours de Janvier, ULYSSE NARDIN

Messagepar VDD le 13 Jan 2011, 01:38

Un cœur bat.


Qu’en est-il de l’horlogerie chez les jeunes, disons de 16 à 25 ans ? Cadeau de communion idéal, ou leg de grand-papa, la montre mécanique orne de nombreux poignets. Y a-t-il un réel intérêt de la part des jeunes pour l’horlogerie ? Voici ce que j’ai pu observer depuis deux ans autour de moi, à Aix-en-Provence, dans mon école de commerce à Lille, ou en sirotant une bière dans un café parisien…

Généralement, la première vraie montre s’acquiert (pour les plus chanceux, soit la population étudiée) lors de la communion, du baccalauréat, ou des vingt ans. Il s’agît de Chronomat, de Submariner, de J12 ou encore de Tank. De très belles pièces, chacune représentant un mythe horloger. Mais je me suis amusé à gratter cette belle robe et j’ai été globalement déçu, de ce qu’il y avait en dessous, je m’explique : en tant qu’amateur de mécanique, j’ai cherché à discuter du mouvement utilisé, de l’histoire de la marque ou du modèle, des prouesses techniques … Et une écrasante majorité de ces individus étaient incapable de me répondre ou d’en discuter, faute de renseignements. J’entends encore les « je sais uniquement qu’elle fonctionne sans pile, grâce aux mouvements de mon poignet »… Autant dire que pour nous membres d’Horlogerie-suisse, c’est exaspérant, mais pourtant bien vrai. Alors bon, je ne demande pas qu’ils soient incollable sur l’histoire ou la technique de leur montre mais quand même. A moi de leur répondre ; « sous ton beau cadran, un cœur bat ».

Voila le ressenti d’un jeune amateur d’horlogerie, j’ai bien conscience que cette analyse est subjective… prenons la comme une brève de comptoir !

Merci de m'avoir lu :D
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Re: Concours de Janvier, ULYSSE NARDIN

Messagepar AlexR le 13 Jan 2011, 10:25

Bonjour,

J'ai longtemps hésité avant d'écrire ce billet... Que m'évoquait ce modèle de chronomètre Ulysse Nardin ? Avais-je envie de le porter à mon poignet ?

Et d'abord, qui était cet Ulysse Nardin ?

A moi, pauvre débutant, ignare en horlogerie, ce nom ne m'évoquait que peu de choses... Un souvenir d'enfance (Ulysse 31, avatar moderne d'Ulysse d'Ythaque, mais je vous parle d'un temps que les plus de 40 ans ne peuvent pas connaître...), un consonance de marque de luxe... rien en fait.

Alors j'ai lu.

L'histoire de la marque, d'abord. Avec la passion d'un homme et de son fils pour l'horlogerie. Une histoire ancienne, ancrée dans celle de l'horlogerie suisse. La précision de leurs modèles, ensuite, lauréats des plus grands concours de chronométrie. Et enfin une légitimité incontestable dans le chronomètre de marine.

Alors je dis oui. Le choix d'Horlogerie-suisse pour ce modèle se justifie pleinement. Le chronomètre maxi marine sait reprendre avec goût et modernité les standards du chrono de marine. Le classique tout d'abord, avec ces 2 fines aiguilles bleuies sur ce cadran blanc. La petite seconde, entêtante. Et quelques touches de "confort" avec la réserve de marche et la date. Une élégance, enfin, indémodable. Et le plaisir de porter une héritière de cette grande tradition horlogère.

En définitive, ce chronomètre est un très beau modèle, que l'on a envie de porter. Et l'envie est, selon moi, le plus beau moteur de la passion horlogère.
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Re: Concours de Janvier, ULYSSE NARDIN

Messagepar raro le 14 Jan 2011, 16:13

L’affichage digital défectueux du car postal indique qu’il est 7h0- au moment où la portière se referme doucement sur lui. Au loin, il entend encore carillonner les cloches des vaches qui paissent sur son pré en ce beau mois d’octobre. Ce soir, il le sait, il ne retrouvera pas les quatre génisses occupées à brouter les derniers brins d’herbe et à ruminer les quelques pommes qui tombent ça et là au pied des fruitiers. Comme à son habitude, le paysan sera venu et les aura rapatriées à la ferme, en plaine, déposant au passage une demi-meule de fromage de l’alpage de Rouaz sur le pas de la porte, en guise de remerciement.
Pour l’heure, Joachim avance péniblement dans un autocar bondé, à la recherche d’un siège libre. Il faut dire qu’ils sont nombreux à descendre la vallée chaque matin. Ils vont à l’école en ville pour la plupart. D’autres, comme Joachim, se rendent au travail. Quant aux touristes, ils grimperont à bord au retour, armés de bâtons de randonnée télescopiques, pour s’attaquer à la cime des montagnes et rivaliser avec l’azur, pensant ainsi échapper au temps.
Dernier passager à monter avant le terminus, Joachim se retrouve souvent debout pendant les vingt minutes que dure son trajet. Il s’assied quelquefois sur les marches à l’arrière du véhicule, mais certains chauffeurs lui rappellent sur un ton autoritaire que cela est formellement interdit pour des raisons de sécurité.
Ce lundi, pourtant, il repère une place libre à côté d’une jeune femme. Il s’approche d’elle et lui demande poliment s’il peut s’asseoir. Il n’obtient pour toute réponse qu’un grommellement sourd de sa voisine, qui daigne finalement ôter son sac du siège. Il s’installe et sourit imperceptiblement. Il aime ça, être un « Anniviard », être toute l’année sur la route, si l’on en croit l’étymologie du mot. Et quelle route ! Sinueuse à souhait, surplombant la Navisence, puis le Rhône.
*
Les écouteurs de son baladeur numérique sur les oreilles, Maria se concentre pour comprendre au mieux l’émission « Quarta lingua » de la Radio e Televisiun Rumantscha qu’elle a podcasté la veille. Il faut dire que depuis la mort de sa mère, originaire de Filisur dans les Grisons, elle n’a plus guère l’occasion de babiller en surmiran. Un homme l’interrompt dans son écoute. Elle tire à elle son sac à main et le pose sur ses genoux. Elle se radoucit en voyant le visage de son voisin, qui prend place à ses côtés. Ses traits lui sont familiers, bien qu’elle ne le connaisse pas. Elle l’a souvent vu monter dans le car à cet arrêt. Elle s’imagine qu’il travaille à l’usine, non loin de la gare. Elle-même prendra le train pour Lausanne, où elle étudie les lettres. Littérature et histoire de l’art. Décortiquer les textes d’écrivains débutants ou confirmés, décrypter les tableaux de peintres d’ici ou d’ailleurs. Ce qu’elle aime par-dessus tout ? Les vieilles bâtisses renfermant bien des secrets et l’architecture moderne où l’on donne presque tout à voir. Elle espère un jour transformer la maison de ses grands-parents et permettre ainsi à deux époques de coexister.
Le chauffeur coupe le moteur et ouvre les portes de l’autocar. Les voyageurs en sortent, les uns après les autres.
- Tiens, s’exclame Maria, les cloches d’une église !
- C’est une chapelle située dans un village sur le coteau, assure Joachim. Tous les jours à 7h30, son clocher s’anime. Horloge d’un autre temps, il rythme la journée des habitants, de même qu’à midi et le soir, à 19h30.
Maria sourit à son voisin d’un matin et confirme :
- Aujourd’hui, c’est la mienne qu’il ensoleille.
- Eh bien, bonne journée…
- Et bonne semaine !
Ils se séparent ainsi dans le passage souterrain.
Maria emprunte l’escalier qui mène sur la voie 3 de la gare. Une fois installée dans le wagon, elle farfouille dans son sac à la recherche de son baladeur. Sa main tombe sur un praliné emballé dans son papier doré. Elle sort l’Aveline de son écrin et le glisse dans sa bouche tout en chaussant ses écouteurs. C’est les yeux fermés qu’elle reprend le fil de « Quarta lingua ». Puis, subrepticement, son attention diminue, son esprit prend le large, divague au gré de ses envies, et Maria finit par s’endormir.
*
Une horloge Mondaine de la gare de Lausanne indique 8h40 lorsque la locomotive s’immobilise sur le quai. C’est Sepp qui actionne la portière avant de la quatrième voiture. A bout de souffle, il s’assied aussitôt à l’entrée du wagon. Il a dû courir pour arriver à temps sur le quai. D’emblée, il présente ses excuses à une jeune femme qu’il a tirée de son sommeil.
- Pardon… C’est libre ? lui demande-t-il avec une pointe d’accent suisse-allemand.
- Euh, oui. Oui, c’est libre.
Maria se redresse, écarte la mèche de cheveux roux qui recouvre son œil droit et regarde à travers la vitre.
- Lausanne ! s’écrie-t-elle, réalisant qu’elle est arrivée à destination. Lausanne, c’est déjà Lausanne !?
- C’est ça, oui, répond Sepp croyant à une question.
- Merci monsieur, c’est là que je descends. Au revoir !
- Au revoir.
Alors que la frêle silhouette s’éloigne, Sepp suspend son veston au portemanteau et sort un petit couteau suisse de sa poche. Il ne s’en sépare jamais, du vieux Victorinox hérité de son père. Il l’utilise à tout va. Ce matin, la lame se trouve être un ouvre-lettres. Sepp aura tout le temps de prendre connaissance de son courrier. C’est là une des raisons qui l’ont incité à opter pour le rail plutôt que le bitume pour rejoindre son lieu de travail. Lausanne-Genève, Genève-Lausanne. Il faut bien prévoir trois heures de route quotidiennes avec les nombreux ralentissements que compte cet axe. Les transports publics permettent donc à Sepp de travailler, de lire et de rêvasser. Il voyage généralement en première classe, mais, dans la hâte, il est monté du mauvais côté du train. La classe économique, il pourra bien s’en accommoder ce matin.
Perdu dans ses pensées, les yeux rivés sur le moiré du lac Léman, Sepp sursaute à la sonnerie de son téléphone portable : les clochettes d’un troupeau de moutons qu’il a enregistrées quelques jours plus tôt. Allegro ma non troppo. « Anna Mobile – 18 Jan 2011 – 9:02 pm », lit-il sur l’écran de l’appareil. Anna. Sa supérieure hiérarchique. Une Tessinoise dont l’ascension professionnelle a été fulgurante dans la cité de Calvin. Une femme qui a réussi dans la finance et qui, malgré son jeune âge, se retrouve à la tête d’une banque privée de renom, à la tête de tout un troupeau d’hommes.
*
- Ciao Seppi, c’est Anna, dit la conductrice d’une Porsche arrêtée sur le tronçon Nyon-Genève de l’autoroute.
- Salut Anna.
- Dis, je suis dans un bouchon, informe-t-elle, la voix momentanément couverte par la sirène d'une voiture de police. Encore un accident. Mais plus important qu’hier, semble-t-il. La voie de gauche est fermée au trafic sur plusieurs kilomètres. Je ne pourrai pas être à l’heure à la banque… Puis-je te demander un service, Sepp ?
- Bien sûr, répond le subalterne, bien obligé d’obéir à sa patronne. Que puis-je faire pour toi ?
- J’ai rendez-vous avec un gros client dans moins de trente minutes. Comme je serai en retard, pourrais-tu t’en occuper ?
- C’est entendu.
- Grazie mille Seppi.
- A tout à l’heure.
Ils n’en savent rien, mais, à l’heure où leur conversation prend fin, l’EuroCity dépasse le rutilant cabriolet d’Anna et permet à Sepp de prendre une longueur d’avance. La femme d’affaires regarde les aiguilles de sa montre, un modèle pour hommes, une Ulysse Nardin Maxi Marine Chronometer. Impatiente, elle tapote le volant de sa décapotable comme s’il s’agissait du clavier de son ordinateur.
Cette voiture, Anna a le sentiment d’y passer le plus clair de son temps. Genève, où elle travaille sans compter ses heures, Zoug, où elle est domiciliée pour des raisons fiscales, et son cher Valais... Chaque semaine, elle traverse la Suisse pour rejoindre son chalet, dans le Val d’Anniviers. Chaque semaine, elle parcourt le pays alors que d’autres n’ont qu’un passage clouté à traverser. Elle défie le chronomètre, montre en main. Elle transhume, un peu plus que ses congénères. Transhumer pour travailler. Quitter sa terre pour gagner sa croûte ailleurs, reliquat d’un autre temps, d’un passé où hommes et bêtes se déplaçaient au gré des saisons, toujours pour la même raison.
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Re: Concours de Janvier, ULYSSE NARDIN

Messagepar jeanloup le 15 Jan 2011, 03:01

A toutes et a tous les horlogers de cette magnifique manufacture.

Les montres ont-elles un cœur?
Je demande cela car il me vient a l'esprit un passage de ma vie ou vivant chez ma grand mère.
Celle ci aimait je pense apprendre des choses a son petit fils qui il est vrai avais tendance a demander pourquoi a a peu prés tout.
Je devait avoir huit ans quand cette histoire ma été contée.
Un beau jour d'été ou nous étions tout les deux dans le jardin ma grand mère me montra sa montre et me dit d'un air très sérieux.
Tu sais ma montre il n'y a pas de pile,elle se remonte avec les battements du cœur.
J'ai su bien par après que ce n'était pas le cas mais elle ma fais rêver très longtemps.
Mais si le cœur ne fait pas marcher la montre il y en a quand même un dedans.
Et c'est le votre,vous tout les horlogers et horlogères qui avec votre savoir,votre passion,votre coeur et surtout votre amour.
Vous avez pu faire battre un cœur énorme dans touts ces petites boites qui sortent de votre manufacture.
Mais je pense aussi aux autres personnes qui travaillent avec vous qu'ils soit dessinateur usineur de pièces ou autres.
A vous tous et toutes je dit un grand merci.
Et j'espère que mes enfants et petits enfants pourront toujours porter une Ulysse Nardin.
Cordialement Jean-Louis.
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Re: Concours de Janvier, ULYSSE NARDIN

Messagepar jc51470 le 16 Jan 2011, 16:06

L’Horlogerie et la mer, voici un thème inépuisable !

Il est aisé de remarquer la plupart des grandes marques horlogères possèdent une ligne de montre dédiée au monde de la mer et des océans.
Ulysse Nardin ne déroge pas à la règle et développe aussi sa collection maritime. Tout commence en 1846 au Locle, C’est là qu’Ulysse Nardin fabrique des montres avec complications destinées aux « professionnels » de la mer. C’est avec son fils qu’il produit par la suite des chronomètres de marine. La société remporte 18 médailles d’or lors de différentes expositions universelles et autres foires internationnales.
Aujourd’hui encore les chronographes sont encore fabriqués et la collection s’est étoffée avec plusieurs autres modèles notamment des montres de plongée telles l’«Aqua Perpetual» et la «Marine Perpetual».

Mais si la relation horlogerie-mer est connue, une autre l’est beaucoup moins et Ulysse Nardin joue aussi sur ce tableau !

Quittons un instant la mer et « plongeons » dans un autre monde : celui de la luxure !

Les premières pièces horlogères avec des représentations charnelles datent du 18ème siècle ! Cela amuse apparemment les horlogers puisqu’ils continuent de produire des pièces à la demande.

Voici une photo d’un modèle d’Ulysse Nardin, lancé en 1994 qui ne figure pas dans le catalogue :D

Image


voilà pour ce billet qui présente une petite anecdote, comme quoi les marques horlogères avec tout le sérieux qu’on leur connaît savent aussi pimenté leurs créations ^^

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Re: Concours de Janvier, ULYSSE NARDIN

Messagepar diego13tristan le 18 Jan 2011, 10:57

Un billet


Simple, mais d’une si grande beauté,
Tu nous fais tous ici présent rêver.

Si bien que dans nos instants volés,
Nous nous mettons tous à épier,
Ces odes qui te sont prononcées

Pour essayer de te posséder.
Mais quel peut il être ton secret
Pour nous garder ainsi prisonnier ?

S’il n’est pas de paraître fort aisé
C’est bien que nous sommes des passionnées !


Bonne chance à tous
Rien que le meilleur.
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Re: Concours de Janvier, ULYSSE NARDIN

Messagepar Charles-Henry le 19 Jan 2011, 22:13

Plongé dans mes pensées : Mais qu'est ce que je vais pouvoir écrire pour ce concours...

Et voilà... Je lis les posts de ce forum depuis longtemps, et quand je décide de m'y inscrire, je découvre le concours...Et en plus, lors de ma présentation, le "Chef" me dit que je devrais participer...
Bon, l'exercice doit être sympa à faire, mais que dire...comment ne pas s'inspirer de ce qui est écrit par d'autres forumeurs avant moi ? Comment ne pas tomber dans un classicisme qui d'ordinaire ne me caractérise pas ?
Cela va faire plus d'une semaine que je cogites, sans vraiment savoir ce que je vais écrire.

Alors, en cette soirée, je me lance.

Récapitulons les éléments : Ulysse Nardin, Concours, Horlogerie. Ok.
Et Ulysse Nardin, je ne connais que très peu de choses sur cette Maison Horlogère - donc Charles, va pas t'obstiner à faire ton Wikipédia pour retracer l'historique de cette maison... -

Et là, j'ai vraiment peur, je cales autant sur le sujet que lorsque mon prof de philo m'avait demandé de disserter sur "la raison doit-elle l'emporter sur la passion ?"... - Tu parles d'un sujet... -
En fait, si, je sais ce que j'ai : l'angoisse de la page blanche... - eh ben c'est bien la première fois mon pauvre vieux ! -
J'ai l'impression d'être Materazzi voyant arriver sur lui le crâne de notre gloire nationale française passée : L'angoisse !!!!

Alors oui, Ulysse Nardin est une belle maison horlogère, je pourrais nier le contraire, la montre est splendide, elle donne envie de la porter ! - d'ailleurs je la verrais bien à mon poignet pour mon mariage cet été tiens ! [8] -

Mais tout à coup, j'ai un oeil qui s'ouvre...puis le deuxième : Ouch !!

Tout ce que j'ai pu dire avant était en fait mon inconscient qui écrivait ce qu'il pensait ???
Bon, alors, là, il ne me reste que peu de mots pour participer à ce concours avant que tous les lecteurs ne s'endorment...
Alors en quelques mots simples, venant du coeur - et pas de mes pensées cette fois-ci !! - :

Mon Dieu que cette montre est un beau Garde Temps...

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Re: Concours de Janvier, ULYSSE NARDIN

Messagepar PhilouD le 20 Jan 2011, 08:52

Face à l’insistance d’une certaine personne que je ne citerais pas mais qui se reconaitra, voici mon texte pour la montre Ulysse Nardin :


Ah ! quand j’aurai cette Nardin
A portée de la main
Je pourrai alors enfin
Ne pas louper le lancer de nains
De la fête du village des marins
Là ou je pourrais manger jusqu'à plus faim
Un énorme sandwich au pain
Arrosé d’un grand verre de vin
Puis m’en retournerais dans le matin
Pour voir Pénélope à qui je ferais un baise-main
Car je ne pourrais regarder ses seins
Ou même sa chute de reins
La dame est fidèle, cela sera tout ou rien !
Ah, zut, rien !


PhilouD, Reims le 20 janvier 2011, 3h27




PS : toutes mes excuses aux personnes de petites tailles…
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Re: Concours de Janvier, ULYSSE NARDIN

Messagepar Hiashzi le 22 Jan 2011, 19:10

Prose sur l'horlogerie :


Les montres ou gardes temps, toutes de tailles différentes, rondes ou carrées sont toutes manufacturées avec minutie. Quand l’éternité trotte autour d’un cadran noir comme la nuit c’est le temps qui s’échappe inéluctablement pour ne plus revenir. Et à l’intérieur d’un boitier parfois serti d’étoiles scintillantes on découvre un balancier qui va à gauche, à droite pareil aux battements d’ailes d’un rossignol d’acier qui permet le fonctionnement de ce cœur qui bat au rythme du temps qui s’écoule. A chaque tic tac, chaque minute, chaque heure ce sont des milliers de vibrations qui secouent ce cœur artificiel. Parfois, très exceptionnellement, un tourbillon, paroxysme de la complication horlogère défiant les lois de la gravité, se trouve au centre du cadran et on se prend à le regarder sans se soucier du temps qui ne cesse de s’évader.
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Re: Concours de Janvier, ULYSSE NARDIN

Messagepar pedevaux le 24 Jan 2011, 15:46

ImageUlysse Nardin.

Ulysse Nardin… Toi Ulysse fils de Léonard Fréderic Nardin, ; toi le premier de ta lignée qui apposa ton nom sur les garde-temps de ta grande maison. Je ne saurais jamais ce qui t’a inspiré mais j’aime à m‘inventer cette histoire :

Un beau matin de 1861, tu réalisais avec ton talent d’artisans et avec ton amour de la précision les derniers chronomètres que l’on t’avait commandés. Ce 17eme jours du mois de mars quand à la fenêtre de ton atelier, tu vois accoster là cet imposant navire ; époustouflé tu t’écries « Comment diable ce vaisseau est il arrivé dans mon jardin ?, C’est impossible !!! ». Indéniablement ce navire ne pouvait pas être tombé du ciel…
ImageLe jardin d’Ulysse.

Alors commença ta longue recherche pour retrouver son propriétaire. Ta première idée fut d’aller vers Neufchatel pour demander si personne n’avait pu croisé ce navire en provenance du lac.
Evidemment Ulysse se rendit compte que personne ne pouvait croire son histoire et c’est grâce entre autre au nouveau réseau télégraphique installé en suisse en 1852 (n’oublions pas que je suis travaille dans les télécommunications…), qu’Ulysse n’eu aucun mal à contacter l’amiral Nikolaï Karlovitch Krabbe. Il lui fait part de son étonnement et lui demande « vous n’auriez pas égaré votre vaisseau par erreur dans mon jardin ? » L’amiral lui répondit : « Merveilleux ! il est chez vous, vous me sauvez la vie, je me suis laissé surprendre par cette délicieuse vodka et je ne savais plus ou je l’avais stationné… Comment puis-je vous remercier ? » « Tout d’abord venez le récupérer et ensuite je vous présenterez mon travail, vous serez étonné… »
Image Amiral Nikolaï Karlovitch Krabbe.

Et voilà comment la marine russe commanda ces premières pièces auprès de notre cher Ulysse. En souvenir de ce moment historique, Il décida d’apposé sur chacun de ces précieux mouvements une ancre pour ne jamais oublier ce qui le rendra si célèbre.
Image
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