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Re: Restauration d'une montre à répétition en or fin XVIIIe

MessagePosté: 26 Aoû 2010, 08:24
par Michel F Reims.
:coucou: pianiste007

Suis très admiratif du travail accompli, de tes montres, des très belles photos dont tu nous a gratifié et pour celà je dis :merci: pour ce partage également.

Re: Restauration d'une montre à répétition en or fin XVIIIe

MessagePosté: 26 Aoû 2010, 15:29
par Pianiste007
SULREN a écrit:Bonjour,

C'est la première fois que je vois une vis apparaitre sur un cadran; cela se faisait-il souvent? (3eme photo en partant du haut).
Le guillocheur est un as et il a du utiliser un tour à guillocher en parfaite condition. Aucune imperfection et quelle précision dans l'arrêt des gravures au centre du boîtier, qui assure une jonction parfaite des tracés conjugués. C'est impressionnant!

Quant à l'émaillage, il ne nécessite pas la moindre retouche sous Photoshop. On à l'impression qu'il est resté 200 ans enfermé dans une boîte, sous atmosphère d'azote et en présence de dessicateur sans aucun effet secondaire.


On retrouve parfois des vis sur les cadrans des montres à répétition, surtout au XVIIIe siècle. C'est parfaitement d'origine. Et c'est assez pratique : il suffit ainsi de dévisser la vis pour avoir accès à la quadrature (tandis que si le cadran avait des pieds, il faudrait d'abord retirer le mouvement et ensuite les goupilles qui traversent les pieds). De plus, les mouvements à répétition sont plus "encombrés", il y a donc moins de place pour percer deux trous afin d'accueillir des pieds de cadran.
Celle que j'ai présentée ici (avec le joli fond guilloché) possède une répétition dite "à toc" (fort à la mode sous Louis XVI apparemment).
La quadrature :
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Re: Restauration d'une montre à répétition en or fin XVIIIe

MessagePosté: 26 Aoû 2010, 16:22
par SULREN
Re
Merci pour les explications. Je savais que cette vis était d'origine mais je la trouvais juste inhabituelle. Elle est en effet très pratique.

Merci aussi pour cette nouvelle photo.
Chaque pièce était traitée comme un bijou à l'époque. Le fini des pièces en acier est parfait.... presque anti-mécanique. Le creux des dents de l'étoile et de la pièce des quarts (terme?) est terminé en angle aigu jusqu'au fond, sans aucun arrondi (j'ai observé l'image après l'avoir agrandie). De même pour la jonction de la lame du ressort de cette pièce avec son embase.
On se rend compte de ce que cela représente comme volume de travail et comme minutie quand on réalise soit-même une pièce..... malgré la panoplie des outils d'aujourd'hui ....et l'excellente homogénéité des aciers.
Les heures ne comptaient pas à l'époque du travail manuel, ils prenaient leur temps ("C'est par la machine que le temps est devenu la maîtresse de l'humanité" Erich Fromm, revue AHAHA n°67 de juin 2010).

Re: Restauration d'une montre à répétition en or fin XVIIIe

MessagePosté: 26 Aoû 2010, 18:04
par Pianiste007
Merci pour vos commentaires Surlen :wink:
Cette montre à répétition est vraiment de très bonne qualité. Les aciers sont polis miroir, et comme vous l'avez dit, la découpe des dents de l'étoile est vraiment très précise.

Ce n'est pas le cas pour celle-ci, un peu plus récente et de qualité courante :

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Les mouvements à répétition encore plus anciens sont aussi intéressants car c'étaient des petites séries, et il y a rarement deux quadratures identiques. Elles ont vraiment une âme. Celle-ci, fabriquée par Duchesne, date d'époque Louis XV je pense. Les pièces de la quadrature sont assez massives et toutes en acier (même l'étoile ! )

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Re: Restauration d'une montre à répétition en or fin XVIIIe

MessagePosté: 26 Aoû 2010, 18:31
par SULREN
La finition des pièces en acier de la montre signée de FH Duchesne est "plus humaine" que celle dont avons parlé dans le post précédent. Il a fait ce qu'il faut pour que ce soit clean, que cela fonctionne bien, mais sans aller jusqu'au poli miroir pour un pièce intérieure avec des angles vifs partout, sans aucun angle abattu par fausse manip.

Elle doit être de l'époque Louis XV (1710 - 1774) car dans le Tardy, parmi une petite dynastie de Duchesne, on trouve (je cite) :
François Houet Duchesne, Paris rue des Fossés Saint-Germain l'Auxerrois, 1739. Garde 1740.
Sur une montre à répétition boîte ajourée du Musée d'Orléans on trouve: Francs H. Duchesne à Paris


Ce doit être celui qui a signé la pièce montrée sur le post.

Sur cette montre on voit, vers le milieu, un ressort qui agit sur trois pièces dont la pièce des quarts et le sautoir d'étoile.
Il semble être fait d'une seule pièce . A t-il été forgé monobloc (ce qui serait incroyable) ou constitué de pièces soudées à chaud?

Re: Restauration d'une montre à répétition en or fin XVIIIe

MessagePosté: 27 Aoû 2010, 08:11
par pignon dit crognon
De biens jolies montres en bon état. Félicitations au propriétaire bienveillant et à l' horloger compétent.
Un post sans nombrilisme.
J'admire. :D

ps à pianiste: les émaux sont ils restaurés de la montre à fond peint ?

Re: Restauration d'une montre à répétition en or fin XVIIIe

MessagePosté: 30 Aoû 2010, 08:26
par amat_heure
SULREN a écrit:Sur cette montre on voit, vers le milieu, un ressort qui agit sur trois pièces dont la pièce des quarts et le sautoir d'étoile.
Il semble être fait d'une seule pièce . A t-il été forgé monobloc (ce qui serait incroyable) ou constitué de pièces soudées à chaud?


a mon avis il y a une vis

Re: Restauration d'une montre à répétition en or fin XVIIIe

MessagePosté: 30 Aoû 2010, 09:22
par SULREN
Bonjour Amat_heure,

Il y a bien deux ressorts distincts, ce qui est bien plus logique. J'avais mal regardé :oops: . On voit bien un léger changement de couleur au point de contact des deux.
Le ressort de la pièce des quarts, (celui très incliné vers le bas) est fixé par une seule vis, parce qu'il est bloqué en rotation par le fait que son embase prend appui sur l'ergot venant du ressort du sautoir de l'étoile.
Le ressort du sautoir de l'étoile a lui besoin d'une vis pour le plaquer à la platine et d'un axe avec goupille pour le bloquer en rotation.

Re: Restauration d'une montre à répétition en or fin XVIIIe

MessagePosté: 03 Sep 2010, 13:12
par amat_heure
SULREN a écrit:Bonjour Amat_heure,

Il y a bien deux ressorts distincts, ce qui est bien plus logique. J'avais mal regardé :oops: . On voit bien un léger changement de couleur au point de contact des deux.
Le ressort de la pièce des quarts, (celui très incliné vers le bas) est fixé par une seule vis, parce qu'il est bloqué en rotation par le fait que son embase prend appui sur l'ergot venant du ressort du sautoir de l'étoile.
Le ressort du sautoir de l'étoile a lui besoin d'une vis pour le plaquer à la platine et d'un axe avec goupille pour le bloquer en rotation.



Par rapport à ces réalisations, je me demande comment l'artisan découpait et surtout dans quoi pour si bien faire ( plaques déjà dispo en épaisseur) ?

Re: Restauration d'une montre à répétition en or fin XVIIIe

MessagePosté: 12 Sep 2010, 05:46
par pignon dit crognon
On lit souvent que les aciers les meilleurs venaient d’Angleterre.
Et à mon avis, tiré en différentes épaisseurs depuis le 18 eme siècle.
Des plus fines pour faire les chaines, aux plus épaisses pour faire des aiguilles ou cadratures.

ASTRA, une répet de prolétaire?

MessagePosté: 12 Sep 2010, 08:23
par ChP
J'avais un peu moins de temps, et je n'avais pas vu ce post

donc finalement je n'ai pas tout lu puisqu'il y a eu du ménage

juste une aparté pour vous donner ce document trouvé dans la revue chronométrique de 1897

ASTRA, montre répétition de La Maison BLOCH à BERLIN, brevet 236360 que je n'ai pas retrouvé
peut-être l'un d'entre vous a un exemplaire de ce système simplifié...

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à ne pas confondre avec une autre répétition de 1900
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aMicalement :coucou:

Re: Restauration d'une montre à répétition en or fin XVIIIe

MessagePosté: 12 Sep 2010, 14:22
par fabala
Je découvre ce post et je suis admiratif devant le travail de restauration de ce Maître Horloger ainsi que devant ta très belle collection. Chapeau. :merci: du partage

Re: Restauration d'une montre à répétition en or fin XVIIIe

MessagePosté: 12 Sep 2010, 17:14
par SULREN
Bonjour,

Pignon dit crognon a dit:
On lit souvent que les aciers les meilleurs venaient d’Angleterre.

Les meilleurs aciers du Moyen Age sont ceux d’Espagne (Tolède) et de Syrie (Damas).
Au XVIIe siècle ce sont les fers d’Allemagne, du Piémont, de Hongrie, de Styrie qui donnent le meilleur acier.
Au XVIIIe ce sont ceux de Suède.
Au XIXe c’est l’Angleterre qui possède une grande avance technologique.

Un historique de l'acier :
http://www.hydroretro.net/etudegh/acier_historique.pdf

Cdlt

Re: Restauration d'une montre à répétition en or fin XVIIIe

MessagePosté: 12 Sep 2010, 23:30
par cepheus1960
Voici une répétition du célèbre horloger liégeois Hubert Sarton, dont il a déjà été question ailleurs :wink:

J'ai été surpris par les similitudes avec la répétition évoquée ici.

Ici, l'acier vient de Liège... La ville était réputée pour ses aciers, servant entre autres à fabriquer des armes et surtout des fusils.

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Re: Restauration d'une montre à répétition en or fin XVIIIe

MessagePosté: 13 Sep 2010, 02:49
par Pianiste007
En effet les deux quadratures se ressemblent, c'est curieux :thinking:

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