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Re: la restauration de l'horloge Collin du Grand Palais

MessagePosté: 14 Aoû 2020, 20:21
par Roegel
Bonjour,

merci pour ce message très intéressant, venant d'un horloger théoricien,
dont je ne savais pas que cela existait encore, à part quelques rares
personnes comme peut-être Ilan Vardi (dont on pourrait éventuellement
contester la qualité d'horloger). Pour moi, des gens comme Airy étaient
des théoriciens, il ne doit pas en rester beaucoup. Je me demande d'ailleurs
ce que sont aujourd'hui les « horlogers théoriciens ». Sont-ils encore
mécaniciens ? Ou travaillent-ils sur les choix des matériaux ? Ou autre chose ?
Ah oui, il y a aussi ceux qui travaillent sur les horloges atomiques ou
d'autres sujets de ce genre. Êtes-vous de ceux-là ? Mais peut-on vraiment
les appeler des horlogers ? Cela m'intéresserait d'en savoir plus.

Pour ce qui est des pseudonymes, ce qui me gêne c'est qu'une personne (caput)
lance une accusation sous couvert d'anonymat.
Dans le cas présent, cela a resserré l'identité de la personne
dans le cercle très proche de J.-B. Viot.
Et je pense que pour faire avancer ce débat-là, caput ne peut rester anonyme.
(Et si quelqu'un ne veut pas que je l'identifie, qu'il choisisse
un meilleur pseudonyme !)

En ce qui me concerne, le débat du Grand Palais m'intéresse,
parce que (parmi d'autres choses), je travaille à la documentation
d'horloges comme celle du Grand Palais. Je ne fais pas ça
pour moi, les horloges m'intéressent peu, mais comme contribution à la
conservation du patrimoine. Je déplore que très peu d'horloges soient vraiment
documentées et que les horloges et montres sont restaurées sans laisser
de traces. Quiconque adopte le point de vue de la conservation du patrimoine
et de la mémoire ne peut que trouver cela regrettable, mais c'est un fait.
C'est ce que j'ai signalé dans un précédent message où j'ai évoqué
les rapports de restauration rarement suffisants, pas seulement à mon goût,
mais dans l'intérêt public et dans celui de la recherche (et donc aussi
des horlogers théoriciens). Par exemple, allez chercher les détails
de l'horloge du Panthéon, vous ne les trouverez pas dans le rapport
de restauration. Il faudra aller examiner l'horloge vous-même.
Pour Notre-Dame, vous avez de la chance, j'ai mis ma modélisation en ligne,
mais sinon il n'y avait rien. Et c'est comme ça partout.

Ce débat m'intéresse aussi, parce qu'il peut être l'occasion de faire
évoluer les choses, la situation de la restauration horlogère étant
à mon avis catastrophique. D'une part parce qu'il y a peu ou pas de
documentation, y compris lorsqu'une restauration se fait dans le cadre
de marchés publics, mais aussi parce qu'il n'y a pas beaucoup de normes.
Chaque entreprise, pour les horloges d'édifice, fait un peu ce qu'elle veut.
Il manque un cadre plus formel, et là c'est un problème des institutions
patrimoniales comme la DRAC. C'est un vaste sujet où ma voix est
infinitésimale.

Néanmoins, dans le cadre de la vidéo, et sans vouloir défendre une partie
ou l'autre (je n'ai d'allégeance avec aucune), j'ai du mal à être convaincu.
Je crois comprendre que selon J.-B. Viot les bords des pièces étaient
moins arrondis qu'ils ne le sont maintenant, et c'est ce qu'il croit voir
sur la vidéo. Peut-être, mais à certains endroits, par exemple à 1mn05s,
je vois avant la restauration des bords arrondis à l'arrière. Est-ce que
tous ne l'étaient pas ? J'aimerais vraiment que l'on donne deux
images similaires avant et après, que l'on puisse vraiment se faire une idée.
La question que je me pose, c'est si ces anciens bords francs ne seraient
pas des illusions dues à l'encrassement ?
Du coup, je ne suis pas du tout convaincu par les arguments mis en avant.
Je ne dis pas que les arguments de J.-B. Viot ne sont pas valides,
mais ils ne sont pour moi pas convaincants.

Quant à être condescendant, je ne crois pas que ce soit le cas.
Je ne suis pas horloger, et je n'ai que quelques connaissances dans
le domaine et aucune pratique, je ne restaure rien, je ne possède aucune
horloge, et je n'en veux aucune. Je trouve tout ce qui se dit ici
intéressant, mais ma préoccupation essentielle c'est la conservation
et l'étude du patrimoine, et là ma constatation c'est que les horlogers,
dans leur grande majorité, ne produisent pas de documentation, et ne sont
pas spécialement préoccupés par la conservation. Par exemple, beaucoup
d'amateurs d'horlogerie semblent plus préoccupés par accroître leur
collection que par laisser les horloges en place et à veiller à leur
conservation et à leur documentation. De ce fait, les échanges entre
horlogers (et amateurs d'horlogerie) et moi sont inévitablement difficiles,
voire impossibles.

D. Roegel

Re: la restauration de l'horloge Collin du Grand Palais

MessagePosté: 14 Aoû 2020, 22:23
par magellan
Messieurs
Est-ce que vous voyez la possibilité de discuter des aspects techniques ici et laisser tomber les attaques personnelles?
Des montres/horloges - particulièrement dans le cadre historique - ont toujours un aspect philosophique, mais qu' on ne commence pas de guerre ici. Il y en a déjà assez dans le monde.

S-il vous plaît...
magellan