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Energie dissipée...

On parle technique horlogère. Que huiler, comment fonctionne un mouvement, rhabillage horloger etc....

Modérateurs: magellan, M.A.S.O, fabala

RÈGLES DU FORUM, À LIRE IMPÉRATIVEMENT AVANT LE 1ER POST

Energie dissipée...

Messagepar paso906 le 09 Oct 2008, 12:19

Bonjour,

Pour une montre mécanique à remontage automatique (ETA 2892-2), quelle énergie (cinétique) peut accepter ce mécanisme sans compromettre son bon fonctionnement...suite à un coup de poing sur la table par exemple... :shock:
Bonne journée.
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Re: Energie dissipée...

Messagepar X-Dan le 09 Oct 2008, 16:17

J'ai l'impression que cela doit être assez élevé vu que certaines montres automatiques sont utilisée dans l'armée (ex: Breitling dans l'aviation)...

Mais au niveau des chiffres exact, aucune idée!
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Re: Energie dissipée...

Messagepar TOKEI le 09 Oct 2008, 21:19

Pour une montre mécanique à remontage automatique (ETA 2892-2), quelle énergie (cinétique) peut accepter ce mécanisme sans compromettre son bon fonctionnement...suite à un coup de poing sur la table par exemple..

Seuls les fabricants peuvent dire ce qu’ils prévoient, en réponse à votre question. En attendant on peut se livrer à des spéculations sur le sujet.
En matière de sévices mécaniques que ces beaux petits bijoux de montres doivent supporter, plutôt que de parler d’énergie cinétique, il vaut peut-être mieux parler : d’inclinaison, d’accélérations, de vibrations, de chocs (ces deux dernières notions étant elles-mêmes très liées à celle d’accélération.
Ensuite il faut définir ce que l’on entend par doivent supporter, c'est-à-dire les conséquences acceptables des misères qu’on fait subir à la montre. Il y a au moins deux conséquences à étudier :
-La résistance à la destruction : destruction immédiate (comme par exemple rupture de pivot suite à une accélération trop élevée ou à un choc) ou vieillissement prématuré interrompant le fonctionnement (usure très rapide d’un pivot par exemple).
-La perturbation sur la fonctionnalité principale : S’agissant d’une montre c’est la dégradation de sa précision, temporaire ou permanente.

LES SEVICES :
1- Inclinaison : Un équipement qui doit fonctionner embarqué à bord d’un navire subit de la part des organismes de certification (Lloyd’s, DNV, ABS, Bureau Véritas, ….) des tests d’inclinaison roulis tangage.
Une montre, même bas de gamme et made in China, est conçue dès le départ pour supporter allègrement ces tests, mais un disque dur, une machine, une batterie à électrolyte liquide, peuvent ne pas les apprécier.
Notons cependant qu’une montre ne doit pas s’user de la même façon si elle passe toute sa vie à l’horizontale ou à la verticale. Les concepteurs doivent donc tenir compte du problème de l’inclinaison dans la conception des pivots et particulièrement de ceux du balancier.
2-Accélérations : Une montre doit en principe toujours accompagner un bonhomme. Comme un bonhomme ne résiste pas beaucoup aux accélérations, il est facile et il suffit de concevoir une montre qui résiste «un ordre de grandeur » mieux que son porteur humain. On peut penser qu’elle doit au moins supporter sans casse l’accélération créée par le mouvement très rapide d’un bras. On peut même mettre un chiffre en face.
Il est peu probable qu’une montre embarquée dans un obus de canon continue de fonctionner pendant le vol de l’obus, mais il n’y a aucune utilité à cela. Pendant le derrière guerre mondiale les Américains avaient conçu des petits circuits électroniques à tube à vide, donc avec des électrodes et des filaments, qui étaient embarqués dans les obus anti-aériens à très grande vitesse initiale, et qui avaient pour fonction de provoquer l’explosion lors du passage à proximité de l’avion visé, sans avoir à le percuter (fusées dites de proximité). Ils auraient su faire des montres embarquées sur obus, s’ils en avaient eu besoin).
3- Vibrations : ce sujet est assez traître.
Accroché au poignet d’un individu, même très excité, une montre ne peut subir au pire que des vibrations de basse fréquence, si j’ose dire. Il est facile pour le concepteur de prévoir des pivots suffisamment résistants pour survivre à cet exercice, avec peut-être un petit écart sur la mesure du temps.
Mais si l’individu laisse longtemps sa montre dans la boîte à gants de sa voiture qui entre en résonnance à 130 Km/h, ou s’il est marin à bord d’un cargo qui vibre au rythme du vilebrequin de son diesel ou des pales de son hélice, et qu’il pose la montre sur la table de nuit, il est possible qu’il se produise une usure prématurée. Richard Mille, Breitling et les autres grands, doivent savoir fabriquer des montres qui résistent au poignet d’un manipulateur de marteau piqueur, mais le pouvoir d’achat de ce dernier ne résisterait pas à Richard Mille, B……
Il existe des tables vibrantes permettant de soumettre des équipements de plusieurs centaines de Kg à des régimes de vibrations contrôlés en fréquence et en amplitude. Les fabricants de montres, s’ils se sont donnés des limites de résistance aux vibrations lors de la conception (casse, dérive de précision ) peuvent vérifier ensuite la tenue d’un prototype sur la table vibrante.
-4) Chocs :
La notion de chocs est bien appréhendée de tous, particulièrement les chocs consécutifs à une chute, mais elle est très difficile à quantifier. En fait les chocs produisent des accélérations énormes. Pendant la phase de chute une montre subit une accélération de 1 g. Au bout d’un bras en déplacement rapide une dizaine de g ( ?). En tombant sur une plaque très dure et massive (plaque de fonte, dalle de pierre) elle peut subir plusieurs milliers de g. La dureté de la partie de la montre qui frappe la surface intervient beaucoup dans le nombre de g. S’il se produit une déformation mécanique celle-ci réduit beaucoup le nombre de g (point d’impact sur le bracelet ou sur une corne par exemple). La même hauteur de chute sur une dalle de pierre ou sur un magazine épais provoque des accélérations qui peuvent varier de 1 à 100 facilement. (Il vaut mieux glisser prestement sa godasse sous la montre qu’on a lâchée, tout le monde l’avait compris).
Comment les fabricants qualifient ils les chocs auxquels leurs montres doivent résister ? Chute de X mètres, sur béton, macadam, parquet, terre battue ??? Sous quel angle d’impact ?

Peut être pourrions nous leur proposer de prendre comme limite, à la fois de choc et d’accélération, celle d’une montre portée au poignet d’un karaté ka qui frappe sur trois briques empilées ....et qui les casse ?
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Re: Energie dissipée...

Messagepar cepheus1960 le 10 Oct 2008, 08:14

Attention lorsque vous jouez au poker et qu'emporté par votre élan (comme dirait le père Noël) [8] , vous abattez votre jeu sur la table en criant "carré d'as, et qui que c'est qui va enlever son string maintenant !!" :shock:
En effet, votre montre aura ramassé un coup de 100 G, qui risque de la mettre plus à mal que la jolie demoiselle déjà largement dévêtue de l'autre côté de la table. :oops:
La semplicità è l'ultima complicazione.
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Re: Energie dissipée...

Messagepar TOKEI le 10 Oct 2008, 08:43

Le fait d'être portée au poignet gauche a peut être sauvé l'espèce "montres mécaniques" de l'extinction.
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Re: Energie dissipée...

Messagepar paso906 le 17 Oct 2008, 18:08

Bonjour et Merci à Tokei pour ta réponse pertinente et mes excuses pour le retard.

Tu as raison, la notion d'énergie cinétique, liée au mouvement du bras n'est pas suffisante pour traiter de ce sujet.
Une montre bien conçue doit être en mesure d'accepter tous les sévices ordinaires ou extraordinaires(mais bon à quoi bon avoir une montre qui résiste à une pression d'immersion à deux milles mètres???...argument commercial sans intérêt).
Les vibrations (entendons plutôt les fréquences) font parties du délicat sujet pas facile à quantifier, bon exemple de la boîte à gants, on peut parler aussi en utilisation quotidienne, de la vibration au guidon d'une moto (la Paso de Cricri 76 par exemple :D )...Même si des essais ont été faits dans ce sens, je préfère laisser, dans certains cas, ma montre dans sa boiboite....
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Re: Energie dissipée...

Messagepar Rouage libre le 18 Oct 2008, 01:03

Bonjour,

Je crois que toutes ces suppositions faites sur les forces cinétiques supportées par une montre sont un peu hasardeuses... Je vous conseille de vous référer a des valeurs sûres et consulter des références en la matière. Comme par exemple les normes ISO ou plus précisment la ISO 1413 qui se fait sous forme de Test de choc au mouton pendule. Ce test correspond a une chute de la montre sur un fond en bois depuis une hauteur de 1 mêtre. La montre de doit pas s'arreter, pas se casser et la marche de celle-ci doit rester dans certaines tolerances. Tout cela est bien defini et regulièrement testé par certaines marques. Il y a notamment un laboratoire qui est spécialisé dans cela qui s'appelle CHRONOFIABLE. Regardez leur site, il est intéressant de voir tout ce qu'on teste dans les montres serieuses.
http://www.laboratoiredubois.ch/C_Mouvements.html

Le document pour octroier la marque de "Qualité Fléurier" est aussi interessante a ce sujet. http://www.qualite-fleurier.ch/plaquett ... ue-FQF.pdf

A propos, le test de au "pendule" correspond a un choc de 13,29 Newton (3'000g a 4,43m/sec) ce qui correspond a peu près a six fois la secousse d'un "drive" d'un joueur professionnel de golf.

Alors, avec une montre sérieuse, vous pouvez continuer a jouer au poker, applaudir les spectacles mais ne sautez pas du 10ème étage juste pour tester les limites...

A une prochaine
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Re: Energie dissipée...

Messagepar TOKEI le 18 Oct 2008, 08:28

Merci pour les infos sur la façon de quantifier les tests, en réponse à la question de paso906, en particulier par utilisation du mouton pendule.

Mais si vous voulez récupérer votre montre en bon état de fonctionnent après le test n’utilisez pas « le mouton de charpie », pardon Charpy, inventé par le Français Georges Augustin Albert CHARPY (1865-1945).

Ce mouton est enseigné en cours de techno mécanique comme outil de tests destructifs destinés à mesurer la résilience des matériaux.
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