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Le double jeu de l’horlogerie suisse

On parle de l'horlogerie et des montres en général, de notre passion horlogère et des actualités concernant l'horlogerie suisse. Commentaires sur les nouvelles montres présentées par les marques.

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Le double jeu de l’horlogerie suisse

Messagepar webmaster le 25 Aoû 2011, 14:19

Qui livre des centaines de milliers de mouvements mécaniques de montres à la concurrence asiatique? Des agissements certes légaux mais qui se font au détriment des marques helvétiques et dans un contexte de pénurie. Pourquoi cette pratique mettant à mal le «Swiss made»? Malaise et colère dans la profession

http://m.letemps.ch/Page/Uuid/3b69fb8a- ... rie_suisse

Et après ça pleure que Swatchgroup ne livre plus de mouvements :?
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Re: Le double jeu de l’horlogerie suisse

Messagepar RMA le 25 Aoû 2011, 14:39

Tout simplement édifiant... et (malheureusement) tellement en phase avec la logique(?) des marchés actuels (quels qu'ils soient d'ailleurs !). Je comprends de mieux en mieux la polémique sur le Swiss Made (que j'avais simplement assimilé à la sous-traitance de pièces puis assemblage en Suisse).
Ce qui me fait penser à l'anecdocte que m'a rapporté une connaissance qui travaille chez un joaillier qui produit aussi des montres (calibres ETA ou Zenith) : récemment ils ont trouvé en asie des contrefaçons quasiment identiques aux originales, notamment les calibres... Les calibres ne sont en fait pas si chinois (ou asiatiques) que cela...
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Re: Le double jeu de l’horlogerie suisse

Messagepar hl9000 le 25 Aoû 2011, 15:43

Compliqué d'avoir un avis définitif en quelques secondes... A brûle-pourpoint, il est sûr que c'est extrêment choquant. Mais comment une entreprise commerciale peut-elle réalistement résister à un tel marché tout en étant en concurrence avec un éléphant comme ETA ?
De plus, est-on certain que tous les motoristes visés fabriquent bien uniquement en Suisse et n'ont pas de production directement en Chine qui ne serait pas comptabilisée dans ces exportations ?! Je demande, parce que je n'en sais rien... mais, et particulièrement dans le milieu de l'horlogerie, ce n'est pas parce que les entreprises affirment catégoriquement quelque chose, que cette chose est vraie !!
:twisted:
Autrement, ça se saurait :clin:
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Re: Le double jeu de l’horlogerie suisse

Messagepar webmaster le 25 Aoû 2011, 15:49

Je pense que ce qui est choquant c'est le fait que Sellita se plaint de ne plus (assez) recevoir de pièces de chez Swatch Group et que leur production part pour l'asie et qu'elle se retrouve dans des contrefaçons et d'un autre côté des clients de Sellita se plaignent de ne pas recevoir assez de mvts :grumble:
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Re: Le double jeu de l’horlogerie suisse

Messagepar hl9000 le 25 Aoû 2011, 15:59

Dit comme ça, effectivement, c'est même plus que choquant !
Maintenant, j'ai toujours du mal à croire que chez Sellita, ils ne soient pas non plus choqués : ils le savent que ça se voit, ce genre de façons, non ? Donc il y a peut-être "autre chose".
:thinking:
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Re: Le double jeu de l’horlogerie suisse

Messagepar saabreit le 25 Aoû 2011, 21:23

Ce qui est incompréhensible , c'est que d' un côté la profession pointe du doigt unanimement les agissements de Sellita , mais d' un autre côté continue de lui passer des commandes . Après tout, en voulant jouer sur tous les tableaux on s' expose à récolter ce qu' on mérite. Un blacklistage organisé par les clients floués règlerait le compte de la brebis galeuse, non? Et le Swatch Group qui apparemment est contraint par les autorités régulatrices de la concurrence de poursuivre ses livraisons de constituants à Sellita , sont ils si mobilisés sur l' excellence qu' ils ne puissent devenir un très mauvais fournisseur pour Sellita, coulant les délais, livrant des lots incomplets, bref participant sans en avoir l' air à désorganiser la production de Sellita? Il y a pourtant des tas de moyens de se plier aux obligations légales avec toute la mauvaise volonté du monde , qu' ils ne doivent pas ignorer. A moins qu' ils ne soient aussi actionnaires de Sellita ?
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Re: Le double jeu de l’horlogerie suisse

Messagepar Petrus le 25 Aoû 2011, 21:58

Voilà qui ne peut qu'inciter le consommateur a privilégier les marques qui développent leur propre mouvement.
Car si le marché asiatique est en pleine croissance avec le développement d'une classe moyenne ayant les moyens de consommer -même modestement selon nos standards- il y a fort a parier que le SW suivra la voie de Sellita. La rumeur courre d'ailleurs depuis plusieurs semaines...
Le paradoxe sera -por le conso, dindon de la farce, du swiss made made in china...Cela dit, la fiabilité des mouvements n'en sera pas affectée. Les finitions et le reste des composants probablement, car la courbe d'expérience n'est pas la même. Mais pour combien de temps ?

S'ajoute également la question de pratiques commerciales différentes et l'idée que la contrefaçon est un art, surtout si la marque copiée a un positionnement lié à une stratégie de coût et de quantité : une Tissot neuve auto c'est 500€ en promo ; une copie -avec le même mécanisme- à 250 est une affaire qui fera certainement craquer nombre d'acheteur, car finalement, c'est acheter de l'emboitage...qu'il soit chinois ou allemand..ou suisse la différence perçue est le prix.

Sans engager de polémique provocatrice sur l'admiration que l'on doit porter à tel ou tel capitaine d'industrie, il est réconfortant de constater qu'en matière de gestion financière l'horlogerie suisse ne déroge à aucune règle : les bonnes vieilles recettes remettent les idées en place ; les gains se font où sont les marchés, surtout si le coût de l'adaptation est nul, et pas là ou sont les clients fidèles, attachés viscéralement à leur marque et prêt à la défendre contre vents et marées...

Pour reprendre des arguments développés dans de précedents envois, le "swiss made" doit à présent évoluer vers un cahier des charges plus inspiré des appellations telles qu'on les trouve dans l'agro alimentaire (AOC, IGP...) mettant en avant le "lien avec le terroir" et le "savoir faire culturellement avéré", et bien sur largement communiquer sur cet avantage concurrentel lié à la qualité et à un savoir faire multi séculaire, susceptible de créer de l'innovation.
AMHA :coucou:
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Re: Le double jeu de l’horlogerie suisse

Messagepar Neptune84600 le 15 Fév 2021, 22:20

Petrus a écrit:Voilà qui ne peut qu'inciter le consommateur a privilégier les marques qui développent leur propre mouvement.
Car si le marché asiatique est en pleine croissance avec le développement d'une classe moyenne ayant les moyens de consommer -même modestement selon nos standards- il y a fort a parier que le SW suivra la voie de Sellita. La rumeur courre d'ailleurs depuis plusieurs semaines...
Le paradoxe sera -por le conso, dindon de la farce, du swiss made made in china...Cela dit, la fiabilité des mouvements n'en sera pas affectée. Les finitions et le reste des composants probablement, car la courbe d'expérience n'est pas la même. Mais pour combien de temps ?

S'ajoute également la question de pratiques commerciales différentes et l'idée que la contrefaçon est un art, surtout si la marque copiée a un positionnement lié à une stratégie de coût et de quantité : une Tissot neuve auto c'est 500€ en promo ; une copie -avec le même mécanisme- à 250 est une affaire qui fera certainement craquer nombre d'acheteur, car finalement, c'est acheter de l'emboitage...qu'il soit chinois ou allemand..ou suisse la différence perçue est le prix.

Sans engager de polémique provocatrice sur l'admiration que l'on doit porter à tel ou tel capitaine d'industrie, il est réconfortant de constater qu'en matière de gestion financière l'horlogerie suisse ne déroge à aucune règle : les bonnes vieilles recettes remettent les idées en place ; les gains se font où sont les marchés, surtout si le coût de l'adaptation est nul, et pas là ou sont les clients fidèles, attachés viscéralement à leur marque et prêt à la défendre contre vents et marées...

Pour reprendre des arguments développés dans de précedents envois, le "swiss made" doit à présent évoluer vers un cahier des charges plus inspiré des appellations telles qu'on les trouve dans l'agro alimentaire (AOC, IGP...) mettant en avant le "lien avec le terroir" et le "savoir faire culturellement avéré", et bien sur largement communiquer sur cet avantage concurrentel lié à la qualité et à un savoir faire multi séculaire, susceptible de créer de l'innovation.
AMHA :coucou:


Merci pour cette analyse intéressante.
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Re: Le double jeu de l’horlogerie suisse

Messagepar vravolta le 17 Mai 2021, 05:59

Le fond du problème, c'est qu'on ne peut tromper éternellement le consommateur. J'ai grandi dans le Beaujolais: on y faisait de très bons vins. Puis est arrivé le boom du Beaujolais nouveau (pratique utilisée à la base pour écouler le vin qui ne donnera rien de magique). Et là, quoi que pisse la vigne, le client achetait. Le gout n'avait plus rien à voir avec le raisin mais surtout avec la levure ajoutée choisie. Puis, pour que tout ca soit encore plus rentable, on a écarté les rangs de vigne pour pouvoir mécaniser. Résultat? Plus de concurrence entre les ceps et donc plus de raison pour ces derniers d'aller chercher de la flotte en profondeur. Mais du coup, plus vraiment d'impact du terroir.

Puis un jour, le consommateur s'est rendu compte que la grosse fête, c'était marrant mais que fondamentalement, ce qu'on y buvait était très loin d'être inoubliable. Ca a entrainé une grosse crise dans le milieu. Résultat, tout a été arraché et les terrains vendus pour y mettre des maisons, là où depuis des siècles, il y avait de la vigne et où en une génération, le terroir a été massacré. Aujourd'hui, il reste surtout quelques producteurs qui ont conservé les vignes serrés, les seules qui résistent aux canicules. Ils ont souvent moins de 10 hectares et travaillent seuls sur leur exploitation (contre des exploitations avec des dizaines parfois même jusqu'à la centaine d'hectares). D'une année sur l'autre, le vin n'a rien à voir car dépend furieusement de ce que la nature veut bien donner. Mais du coup, ce sont des vins excellents.

Je pense que l'horlogerie suisse est tombée dans les mêmes travers: c'était devenu en majorité des mouvements ETA à la finition un peu améliorés au sens technique du terme. Après, on fait un petit design maison, on fait produire le tout en Chine, on enboite en Suisse et hop, elle est belle: "Venez donc acheter ma montre swiss made à 15 000". Suite logique, les producteurs de tout le matos en Chine ont commencé à en produire un peu plus que ce qui était commandé et à le commercialiser directement. On a crié au scandale de la contrefaçon, mais finalement, ce n'était que la suite logique: la qualité objective technique provenait bien de Chine et on parlait de mouvements tombés depuis longtemps dans le domaine public. Ca ne pouvait que se terminer ainsi car l'horlogerie suisse avait perdu son âme et floué ses clients. L'autre problème était la spéculation organisée par certaines marques: rien ne justifie au sens technique du terme qu'il faille des années d'attente pour pouvoir acheter une Daytona acier: c'est un mouvement relativement basique à fabriquer. Les prix aussi sont surfaits: regardez simplement le prix auquel on touche sa petite soeur, la Tudor fastrider? Et passez là au chronocomparateur: vous verrez que la qualité technique est identique en termes de précision: 2 superbes droites horizontales quelle que soit la position. Du coup, que vend Rolex? Certes, une bonne qualité d'exécution, le balancier à inertie et pas raquette, mais d'autres, y compris dans leur groupe, font aussi bien pour une fraction du prix. Donc Rolex vend de la spéculation. Et quand on joue à ce petit jeu, on a vite fait de se faire doubler à son tour. Ce n'était pas tellement mieux chez Hublot dont la Big Bang abritait un mouvement pas spécialement original et donc c'était ultra facile à copier, en bonne qualité, pour pas cher. Et c'est ca qui était dommage = il y avait un vrai beau savoir faire, mais on l'a mis entre parenthèses au profit de l'argent facile, tuant au passage la poule aux oeufs d'or. Heureusement, depuis quelques années, ca change (sous la contrainte, il faut le reconnaitre). En tant qu'amateur de la technique horlogère, je commence à retrouver des choses qui me font plaisir dans la production suisse. Y'a quelques années, porter une de ces montres au contenu technique pauvre m'aurait fait honte, un peu comme si j'avais mis une rasade de coca dans un Petrus = un terrible manque de classe. Maintenant, ca commence à redevenir intéressant et je pense que le pire est derrière nous et que les marques suisses vont gentiment se remettre à proposer des deals "honnêtes". Mais attention, car la concurrence s'est musclée elle aussi entretemps et commence à proposer des choses de bon aloi.
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